Nous en savons beaucoup sur le comportement des gens. Moins encore pour ce qu’ils pensent réellement.
Les économistes en ont finalement eu assez de deviner. Ils ont lancé une étude pour voir en temps réel ce qui occupe l’esprit moderne. Les résultats? Beaucoup de travail. Un besoin désespéré de café. Et une envie persistante de retourner au lit.
Des chercheurs de la Claremont Graduate University en Californie et de l’Université de Wuhan en Chine ont suivi 258 volontaires pendant deux semaines. Ils n’ont pas posé de questions une seule fois. Ils utilisaient une application qui émettait des bips huit fois par jour à intervalles aléatoires. Lorsqu’il a émis un bip, vous avez écrit votre pensée. Vous avez enregistré ce que vous faisiez. Vous avez évalué votre bonheur.
Les données étaient désordonnées. Réel. Et révélateur.
« Une grande partie de ce que signifie être humain dépend de ce qui se passe dans notre tête. »
— Dr Joshua Tasoff
Après avoir collecté plus de 23 000 réponses, l’équipe a identifié quatre types distincts de penseurs. Ce ne sont pas des boîtes rigides. Les gens se déplacent entre eux. Mais ces clusters montrent des schémas clairs dans la manière dont nous traitons le monde.
Voici ce qu’ils ont découvert sur votre monologue intérieur.
Les thèmes dominants de la pensée moderne
La moitié de toutes les pensées enregistrées étaient intentionnelles. L’autre moitié ? Intrusif. Accidentel. Errance mentale.
Les entrées sensorielles et les impressions mentales occupaient près de 20 % de l’espace mental. Cela incluait une sensation de fatigue ou de somnolence. Le travail en réclamait 17%. La nourriture était assise à 14%.
Les loisirs, les jeux, l’art et les relations représentent chacun environ 10 %.
Mais regardez ce que les gens veulent. Près de la moitié de ces désirs concernaient la nourriture ou la boisson. Surtout le café. Lorsque les gens mentionnent leurs besoins, 29 % recherchent la détente. Les siestes et le sommeil étaient en tête de cette liste.
L’esprit a-t-il déjà été vide ? Rarement. Seule une fraction d’un pour cent des réponses ne citent aucune pensée. Sexe? Quasiment inexistant dans les logs. Les chercheurs soupçonnent un embarras. « Il se peut qu’il y ait des choses que les gens ne veulent pas partager », a noté Tasoff. “TMI.”
Il est intéressant de noter que ce que les gens pensaient prédit leur bonheur plus que tout autre facteur. Marc Aurèle avait peut-être raison lorsqu’il disait que le bonheur de la vie dépend de la qualité de la pensée.
Mais la prudence s’impose. Les volontaires étaient pour la plupart ÉTRANGES : occidentaux, instruits, industrialisés, riches et démocrates. Cet échantillon ne représente pas le globe. Il représente une tranche spécifique de la vie moderne.
Quel archétype de pensée vous convient ?
Les données ont été regroupées en quatre groupes en fonction de l’ambiance et non des données démographiques. Le revenu et l’âge ne définissaient pas strictement les groupes. Le contenu des pensées l’a fait.
Les inquiets
Ce groupe a ruminé sur des choses importantes et effrayantes. Ils pensaient aux événements mondiaux, à la politique et aux problèmes sociaux 60 % plus que la moyenne des gens.
Guerres. La pandémie. Sécurité. Santé.
Leur vocabulaire interne était lourd. Des mots comme « Covid », « solitude », « douleur » et « faim » sont souvent apparus. Pourtant, paradoxalement, ils pensent à la musique deux fois plus souvent que les autres. L’art est peut-être un bouclier contre le bruit.
Les domestiques
L’aspect pratique régnait ici. Ces penseurs ont dépensé 50 % d’énergie mentale en plus pour les tâches ménagères, l’entretien de la maison et les finances. Mais il ne s’agissait pas uniquement de feuilles de calcul. Ils ont également traité des histoires : films, livres, émissions de télévision.
Leurs pensées étaient variables. Actif. Des verbes comme « résoudre », « traiter » et « débattre » dominaient leurs journaux. Ce sont eux qui déterminent simultanément la plomberie et le terrain.
Les penseurs corporels
Le plus jeune du groupe, âgé en moyenne de 32 ans, ce groupe est majoritairement féminin (deux tiers des membres). Ils vivent selon leurs sens.
Ils ont signalé le taux le plus élevé de pensées intrusives, soit 28 %. Leur paysage mental comportait des boucles de rétroaction physique. Des mots comme « thérapeute », « douleur » et « accablement » étaient courants.
Pourquoi plus de femmes ici ? Les chercheurs soupçonnent que le cycle menstruel joue un rôle. Il en va de même pour le fardeau des symptômes de santé physique ou mentale pendant la période d’étude. Ce groupe montre comment les problèmes de santé peuvent faire pivoter la réflexion vers l’intérieur.
Les durs au travail et les jeux durs
Ce groupe répartit leur charge mentale de manière égale. Ils pensent à leur travail 50 % plus que la moyenne, mais s’attardent également 25 % plus sur leurs loisirs et l’art.
Ils constituent le groupe le plus riche. Ils constituent le groupe le plus heureux. Ils sont légèrement masculins.
Leurs mots-clés racontent l’histoire d’une vie équilibrée et performante : « relaxation », « présentation », « vol », « clou », « projet », « gym ». Ils optimisent à la fois le travail et les loisirs.
La réalité des bips aléatoires
L’étude reposait sur l’interruption. Un bip demande de l’attention.
Mais un quart de ces bips sont restés sans réponse. Pourquoi? Peut-être que tu conduisais. Peut-être que tu étais occupé. Peut-être que vous ne vous en souciez pas assez pour arrêter.
L’étude suggère que nous ne sommes jamais vraiment la tête vide. Même lorsque nous essayons de nous reposer, notre esprit se tourne vers le travail, la nourriture ou l’inconfort corporel. La qualité de cette dérive détermine votre joie.
Alors, lequel es-tu ?
Vérifiez les journaux de votre téléphone. Regardez votre historique de recherche. Remarquez ce qui se passe lorsque vous vous réveillez avant votre alarme.
Ce n’est peut-être pas joli. Ce n’est peut-être pas profond. Mais c’est le vôtre.
Et cela ne cesse de changer.






























