La loi sur les communications de 1934 existe toujours techniquement. Il s’agit d’une vieille loi qui exige que les candidats à des fonctions publiques bénéficient d’un temps d’antenne égal. La logique était simple à l’époque. Si un côté s’y mettait, l’autre devait le suivre. Mais les règles ont toujours été compliquées. Il y a des exceptions. La couverture médiatique en direct obtient un laissez-passer. Les documentaires sont exonérés. Et comme la loi est antérieure de plusieurs décennies au câble et au streaming, ces plates-formes n’ont jamais eu à respecter ces règles de diffusion en premier lieu.
Ensuite, il y a la faille des talk-shows. Depuis 2006, les talk-shows télévisés sont en grande partie tirés d’affaire. La FCC les considère comme un divertissement et non comme une actualité. Cette distinction comptait jusqu’en 2026.
Le président de la FCC, Brendan Carr, a commencé à examiner de près cette exemption. Il a commencé à se demander si les talk-shows méritaient vraiment le même laissez-passer gratuit qu’ils détiennent depuis deux décennies. La pression a été forte lorsque The View a invité un candidat démocrate au Sénat du Texas sur son plateau. Carr a lancé une enquête sur l’émission. Cette décision a provoqué une onde de choc dans l’industrie.
Stephen Colbert ressentit immédiatement le froid. Il avait prévu d’interviewer le candidat au Sénat James Talarico. Mais les avocats de CBS sont intervenus. Ils ont déconseillé cette mesure. La peur était réelle. La FCC pourrait invoquer la disposition sur l’égalité de temps. S’ils le faisaient, Colbert devrait inviter tous les autres candidats souhaitant se présenter à ce siège au Sénat. C’est un cauchemar logistique. La plupart des émissions ne peuvent pas se le permettre.
Alors Colbert a fait un pivot. Il n’a pas annulé l’entretien. Il vient de le déplacer. Il a publié l’intégralité de la conversation sur YouTube. C’est une solution de contournement intelligente. Les plateformes en ligne ne sont pas liées par la loi de 1934. Pas de règle de temps égal là-bas. Juste du contenu.
Cette situation met en évidence une tension croissante. Les régulateurs de la radiodiffusion repensent ce qui compte comme « informations » par rapport à « divertissement ». Les talk-shows brouillent cette ligne chaque jour. Mais si la FCC décide de combler cette lacune, le paysage change du jour au lendemain. Les candidats inondaient les talk-shows pour revendiquer leur moment. Ou bien les hôtes éviteraient complètement la politique pour rester en sécurité.
Les gens confondent souvent cela avec la doctrine de l’équité. Ne le faites pas. Ils sont différents. La doctrine de l’équité exigeait que les radiodiffuseurs présentent des questions controversées d’importance publique. Elle a été largement abrogée en 1987. La règle du temps égal est toujours d’actualité. C’est de plus en plus difficile à ignorer.
Pourquoi est-ce important maintenant ? Parce qu’Internet a déplacé le pouvoir. Les radiodiffuseurs contrôlaient la porte. Les candidats peuvent désormais s’adresser directement aux téléspectateurs en ligne. La décision de Colbert le prouve. Mais que se passe-t-il lorsque la FCC décide d’appliquer les anciennes règles sur les quelques failles de diffusion restantes ? Les ondes pourraient devenir beaucoup plus fortes. Ou beaucoup plus silencieux. Nous verrons.


























