De l’orbite à la course à obstacles : le plan de la NASA pour tester la résilience des astronautes après l’écrasement

8

Immédiatement après l’amerrissage de la mission Artemis II, l’équipage de la NASA (le commandant Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et Jeremy Hansen) sera confronté à un défi physique exténuant. Plutôt que de se reposer après leur descente dans l’atmosphère terrestre, les astronautes seront soumis à une série de tests physiologiques intensifs conçus pour répondre à une question cruciale : À quelle vitesse les humains peuvent-ils retrouver la force et la coordination nécessaires à l’exploration lunaire après leur retour de l’espace ?

Le défi de la rentrée et de la gravité

Lorsque les astronautes passent de longues périodes en microgravité, leur corps subit des changements importants. Les muscles s’atrophient, la capacité aérobie diminue et le système vestibulaire, le mécanisme de l’oreille interne responsable de l’équilibre, se désynchronise de la gravité terrestre.

Alors que les missions de longue durée sur la Station spatiale internationale (ISS) sont bien documentées, la mission Artemis II fournit un ensemble de données unique pour un transit lunaire plus court et de haute intensité. Les scientifiques de la NASA sont particulièrement préoccupés par la “période de transition” entre l’apesanteur et les lourdes exigences physiques des promenades sur la lune ou de l’exploration de Mars.

“Nous ne voulons pas mettre les astronautes dans une position où ils se retrouveront bloqués dans une combinaison spatiale, en leur demandant d’effectuer des tâches qui dépassent probablement leurs capacités physiologiques”, prévient Jason Norcross, un scientifique principal responsable de la recherche.

Simuler la Lune avec ARGOS

Pour combler le fossé entre la Terre et la Lune, les chercheurs du Johnson Space Center de la NASA utiliseront le Active Response Gravity Offload System (ARGOS). Cette grue robotique spécialisée peut soulever une partie du poids d’un astronaute, simulant ainsi efficacement différents environnements gravitationnels.

Pour cette étude, le système sera calibré à la gravité lunaire (un sixième de l’attraction terrestre). Les tests seront divisés en deux phases principales :

1. L’exercice d’évacuation d’urgence

Quelques heures après l’atterrissage, l’équipage effectuera une simulation d’évasion de la capsule. Cela implique :
– S’asseoir en position couchée.
– Déployer et monter une échelle.
– Porter un sac lourd et marcher une distance définie.

Cette phase teste si un équipage peut effectuer des manœuvres de sauvetage immédiatement après la désorientation de la rentrée.

2. L’EVA lunaire simulée (activité extravéhiculaire)

Le lendemain, les astronautes enfileront des combinaisons spatiales robustes en EVA et des vêtements de refroidissement liquide. Attachés à la grue ARGOS, ils parcourront un parcours d’obstacles de 40 minutes conçu pour imiter les rigueurs d’un moonwalk :
Navigation : Descendre des échelles et traverser un terrain instable et rocheux.
Tâches techniques : Se pencher, s’accroupir et effectuer des mouvements de précision pour imiter la connexion de lignes électriques et fluides.
Travail physique : Transporter des sacs de 30 livres sur un sol irrégulier et utiliser des outils pour déchiqueter des échantillons de roche.
Endurance : Une dernière randonnée d’un demi-mile sur tapis roulant avec des pentes extrêmes (supérieures à 20 %) pour tester la récupération cardiovasculaire.

Pourquoi cette recherche est importante

Les données recueillies à partir de ces tests ne sont pas seulement académiques ; il s’agit de renseignements critiques à la mission. En suivant la fréquence cardiaque, la dépense énergétique et les délais d’exécution des tâches, la NASA peut créer un modèle prédictif des performances des astronautes.

Comprendre la « courbe de récupération » (le temps nécessaire à un corps pour se stabiliser après un changement de gravité) permettra aux planificateurs de mission de :
– Déterminer la sécurité des excursions lunaires immédiates.
– Planifiez des tâches de haute intensité lorsque les astronautes sont les plus physiquement capables.
– Concevoir de meilleurs protocoles pour les futures missions sur Mars, où les enjeux d’épuisement physique sont encore plus élevés.


Conclusion
En poussant l’équipage d’Artemis II à travers ces environnements lunaires simulés, la NASA rassemble les données essentielles nécessaires pour garantir que la prochaine génération d’explorateurs puisse se déplacer en toute sécurité et efficacement sur les surfaces d’autres mondes.